C’est le temps qu’il reste, au moment où je rédige ce billet, avant les Jeux olympiques de Beijing en juillet prochain. Cela fera exactement sept ans et 12 jours à la cérémonie d’ouverture le 25 juillet depuis que le CIO les a accordé à la Chine, en échange de la promesse de voir la condition des droits humains améliorés.
Loin de moi l’idée de revoir l’ensemble du dossier, fréquemment abordé dans la presse, mais plutôt de vous inciter à agir. Amnesty International Australia a lancé dernièrement une campagne qui tire de son importance dans les propos suivants :
Le gouvernement bloque des milliers de sites Internet d’informations. Les programmes en chinois, tibétain et ouïghour d’une dizaine de radios internationales sont brouillés. Après les sites Internet et les forums de discussion, les autorités se concentrent désormais sur les blogs et les sites permettant l’échange de vidéos. Les outils de blogs du pays incluent tous des filtres qui bloquent les mots clefs jugés “subversifs” par les censeurs. La loi sanctionne lourdement la “divulgation de secrets d’Etat”, la “subversion” et la “diffamation”, autant d’accusations régulièrement utilisées pour faire taire les voix les plus critiques. (…)
Pour obtenir l’organisation des JO, les autorités chinoises ont promis au CIO et à la communauté internationale des améliorations concrètes dans le domaine des droits de l’homme. Mais une fois la victoire acquise, le ton a changé. Le vice-Premier ministre de l’époque Li Lanqing a, par exemple, affirmé, quatre jours après le vote du CIO, que la “victoire olympique de la Chine” devait inciter le pays à préserver sa “vie saine” en luttant notamment contre le mouvement spirituel Falungong qui a “attisé l’insécurité”. Au moins cent adeptes du Falungong sont morts en détention depuis l’interdiction du mouvement et plusieurs milliers d’autres sont emprisonnés.
Un peu plus tard, c’était au tour de Hu Jintao, le vice-président chinois de l’époque et actuel président, d’affirmer qu’après le “triomphe” de Pékin, il était “primordial de lutter sans équivoque contre les activités séparatistes orchestrées par le dalaï-lama et les forces antichinoises dans le monde”. Dans l’ouest du pays, où vit une forte minorité musulmane, les autorités de la province du Xinjiang ont exécuté des Ouighours accusés de “séparatisme”.
Enfin, la police et la justice ont reçu l’ordre de poursuivre la campagne “Frapper fort” contre la délinquance. Plusieurs milliers de Chinois sont exécutés, chaque année, d’une balle dans la nuque ou d’une injection létale, en public, parfois dans des stades.
Les informations sont tirées d’un article du site de Reporters sans frontières datant du 4 juillet 2007, et les chiffres et massacres n’ont été qu’en augmentant depuis. Ils résument fort bien l’ampleur de la situation.
Pour revenir à la campagne d’AI, elle s’attaque directement au coeur de l’appareil de censure chinois des dernières années, soit la répression et la cybersurveillance sur Internet. En recherchant un mot prohibé par le gouvernement chinois par l’intermédiaire de ce moteur de recherche assez particulier, vous pourrez voir de vos propres yeux à quel point les alliances lucratives des géants comme Yahoo, Google et Cisco avec le gouvernement chinois ont contribué à enfermer les habitants dans une bulle, où les jeunes parlent de montage photo dès qu’on leur présente celle représentant l’homme devant le tank sur la place Tienamen en 1989.
Bonne recherche!
Pour plus d’information sur les campagnes d’AI au Canada, voir : amnistie.ca
Lundi 16 juin 2008 at 11:19
Je me demande bien ce qui pourrait bien se passer comme révolution pour que le peuple Chinois se prenne en main et fasse des gestes concrets pour pouvoir un jour avoir la iberté auquel ils ont droit. Veux veux pas, il faudrait de quoi de gros, une vendetta immense, pas simplement de petites manifestations de merde se terminant simplement en Tiananmen II…